Du sang sur la Seine…

A cinq mois de la fin de la guerre d’Algérie, le 17 octobre 1961, Paris a été le lieu d’un des plus grands massacres de gens du peuple de l’histoire contemporaine de l’Europe occidentale. Ce jour-là, des dizaines de milliers d’Algériens manifestent pacifiquement contre le couvre-feu qui les vise depuis le 5 octobre et la répression organisée par le préfet de police de la Seine, Maurice Papon représentant de l’état Français. La réponse policière sera terrible. Des dizaines d’Algériens, peut-être entre 150 et 200, sont exécutés. Certains corps sont retrouvés dans la Seine. Pendant plusieurs décennies, la mémoire de ce épisode majeur de la guerre d’Algérie sera occultée. 

Il s’agit d’un événement d’une gravité exceptionnelle, dont le nombre de morts a fait dire à deux historiens britanniques [Jim House et Neil MacMaster,  qu’il s’agit de la répression d’Etat la plus violente qu’ait jamais provoquée une manifestation de rue en Europe occidentale dans l’histoire contemporaine.

Ainsi, Papon, colonialiste convaincu, a officié dans le Constantinois en Algérie en 1945, de 1949 à 1951, puis entre 1956 et 1958, après un passage au Maroc en 1954-1955. Les mesures répressives contre les mouvements politiques qu’il met alors en place dans les territoires de l’empire seront standardisés pendant la guerre d’Algérie : recensement et fichages, législations discriminatoires, couvre-feu, rafles, centres et camps de rétention, tortures, jugements expéditifs devant les tribunaux militaires sanctionnés par les plus lourdes peines (peine de mort, emprisonnement à perpétuité) – mais aussi assassinats à grande échelle en toute impunité. Apres tout son parcours de criminel de guerre l’état Français le nomme préfet de police a Paris.

Le 17 octobre 1961, le fascisme, le racisme a montré son visage au grand jour. Ce n’était pas un « incident » passager. La bête immonde tenue en laisse par la classe dominante et son appareil d’État  est en réserve. Aujourd’hui  même il faut être vigilant. Une forme de fascisme moderne se fait jour au moyen de l’appareil d’État, car ces idées ne sont pas véhiculées que par l’extrême-droite, les groupes fascistes ou néonazis. La montée de cette forme nouvelle peut se développer en utilisant les vieilles méthodes du passé comme le racisme et la haine et l’islamophobie pour diviser les peuples et semer le chaos. 

Ne jamais oublié ce que la France a fait aux Algériens…Nous tournons la page, mais jamais au grand jamais nous n’oublierons.

 

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